Le Century de Corte Madera
![]() Allez, je l'avoue, il s'agit plus d'un clin d'oeil de voyage (et par la même occasion d'une carte postale) que d'un véritable dossier! Tout commence par un stage d'anglais professionnel en famille, à Sausalito, près de San Franciso, au nord du fameux Golden Gate Bridge, atteint au terme d'un voyage interminable avec les radins d'American Airlines ("Bienvenue sur ce vol New-York San Francisco, qui durera six heures, nous vous proposons d'acheter votre repas!!!"); pas franchement près du centre, un peu isolé même. Au bout de quelques jours, malgré la vie originale (on n'a pas tous les jours l'occasion d'habiter une assez luxueuse maison-bateau), comme elles paraissaient loin les lumières de la ville, comme ils semblaient loin les bars du Castro!... Heureusement, la région est loin d'être un désert culturel, et elle propose notamment un certain nombre de cinéma;, la plupart d'art et essai. Au bord de l'autoroute, un cinéma attire mon attention plus que les autres; mon hote m'explique que c'est une grande salle unique, qui n'offre aucun intérêt particulier. Bien sûr, ces paroles n'allaient pas satisfaire le créateur de Silver Screens, qui se mit rapidement en tête d'aller voir cette grande salle. Au programme de la salle unique, un film unique, "Open Season" (en français "Les rebelles de la forêt"), un n-ième dessin animé en 3D; ça s'annnonce un peu pour un public enfantin, mais tant pis! A dire vrai, en arrivant devant le cinéma avant-hier, je ne m'attends pas à grand chose. Le bâtiment est typique des salles uniques construites en banlieue dans les années 60: il a fallu construire de grands cinémas à salles uniques (600 à 1000 places) pour les nouveaux habitants de la banlieue; ces salles, construites sur un niveau, furent pour la plupart divisées en deux ou trois (je vous laisse imaginer le résultat...) avant d'être détruites lors de l'avènement des multiplexes. Quelques unes néanmoins subsistent, dont le Century. Ce sera donc la surprise en rentrant dans la salle. Une fois mes yeux habités à la semi-obscurité dans laquelle on plonge la plupart des cinémas américains pendant l'inter-séance pour permettre la projection d'un diaporama inepte (mais au moins il n'y a pas de pubs avant le film, c'est toujours ça de pris!), je m'aperçois que la salle dans laquelle je me trouve propose un très beau volume, avec une remarquable hauteur de plafond, ainsi qu'un écran plus que correct.
![]() ![]() ![]() La décoration est plutôt sobre, pour une salle américaine s'entend (tentures beiges sur les murs). Les sièges sont disposés en rangés très courbes un peu comme au Kinopanorama (snif!) de 800 beaux fauteuils rouges envelopants qui plus est avec une place pour les jambes qui donne une idée de l'infini (ça change de nos salles inspirées des pires classes éco...) Quant à l'écran, très courbe lui aussi, il mesure environ seize mètres, ce qui est immense pour une salle ne faisant pas partie d'un multiplexe. Régulièrement, George Lucas, dont les bureaux ne sont pas si loin, organise des projections privées dans cette salle, un signe donc, et espérons-le un bon présage pour cette salle qui mérite de vivre! Note: pour la projection de 12h30 de "Open Season", certes en fin de carrière et à deux jours d'être remplacé, trois employés étaient au service du même nombre de clients...
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Sausalito, Californie, le 6 octobre 2006
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