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Le Kinopanorama - Guerre et Paix (début) - Chptre 12-1

 
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LenKinap



Inscrit le: 17 Déc 2002
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MessagePosté le: Sam 03 Sep 2005 9:33    Sujet du message: Le Kinopanorama - Guerre et Paix (début) - Chptre 12-1 Répondre en citant

"Guerre et Paix (Début)"



La première partie de ce document sera consacrée au film lui-même, la seconde parlera de son exploitation au Kinopanorama de Paris.



Les Studios Mosfilm de Moscou


1 - Le Film.

C'est un ambitieux projet voulu par le pouvoir politique de l'URSS pour célébrer les 40 ans de la révolution de 1917. L’œuvre de Tolstoï est probablement une des pièces les plus importantes de la littérature russe. Il s'agit ni plus ni moins que de mettre sur film un ouvrage de près de 2000 pages, des histoires d’amour, une saga des guerres napoléoniennes et des pensées philosophiques de l'auteur (qui était un pacifiste). On choisit un grand réalisateur soviétique, connu pour savoir gérer les plateaux complexes, avec beaucoup de personnages : Sergueï M. Bondartchouck. L'avant projet commence en 1961 par l'écriture très méthodique d'un scénario (S. Bondartchouk (SB) et Vasili Soloviov), des décors (SB était un très bon dessinateur), du découpage et des moyens techniques. Je ne vais pas détailler la partie purement rédactionnelle du film largement décrite dans le web ou dans des ouvrages, mais m'arrêter sur les points techniques qui ne sont que rarement décrits. Très vite, il apparaît que SB s'oriente vers une réalisation dynamique, mobile et le format large 70mm sphérique avec un son stéréophonique très pointu. Pour ce dernier point, les Russes savent le faire et bien le faire; ils ont l'expérience du Sovscope 35mm, du Kinopanorama et du 70mm. Le matériel est bien au point, la NIKFI ou les studios ont le savoir-faire. Maintenant, il veut une réalisation dynamique et mobile, ce qui impose d'avoir des caméras très légères dans un format large. Les américains ont bien un appareil d'un trentaine de Kg qui a servi pour des scènes de « West Side Story ». C'est beaucoup trop lourd ! Bondartchouk veut un appareil simple, équipé d'un stabilisateur de prise de vue (au bouger), de moins de 10 Kg avec son film. Elle doit se porter à l'épaule comme une Ariflex 35 mm ! Les ingénieurs de la NIKFI et de LOMO vont se creuser les méninges un bon moment avant de mettre au point, avec beaucoup de défauts au départ, un appareil 70mm qui répond à ce cahier des charges.




Diverses vues de la caméra légère


Pour certaines scènes trop dangereuses, il est hors de question de placer un opérateur à la caméra. Une fois encore, les Russes inventent une caméra 70mm totalement télécommandée et contrôlée par moniteur vidéo (N&B)! Tous les studios de MosFilm sont mis à contribution pour créer le film, qui - pour les scènes d'intérieur - a quasi intégralement été tourné en studio, dans des immenses pavillons. Bondartchouk a des idées bien arrêtées sur la mise en scène et il faut inventer sans cesse les moyens techniques pour mettre en oeuvre le projet. Il reste le fameux travelling aérien du bal de Natacha, le boulet qui tuera André qui doit tourner sur lui-même (après les calculs d'instituts scientifiques), les plans du bal seront réalisés sur patins à roulettes. C'est aussi gérer un détachement de l'armée rouge pouvant aller jusqu'à 120 000 hommes, les chevaux qui vont avec, les corps de ballets pour les scènes de bal, trouver ou créer les accessoires, les costumes, les tableaux etc... C'est un film où rien ne fait "toc". Bref un travail de titan. Pour corser le tout, SB joue un des rôles principaux du film, celui de Pierre Besoukhov. Petite anecdote en passant, il n'y aura qu'un accident sur le tournage sérieux; un cheval se tuera en s'empalant sur une baïonnette perdue par un figurant. On peut comprendre que ce film ait eu un peu de retard... Autre originalité; la musique: elle fait parfois appel à de primaires synthétiseurs ! Le film se décompose en 4 parties, qui décrivent principalement le caractère de l’un des personnages centraux ou une scène importante. Je les cite avec le découpage soviétique.





Diverses vues de la caméra télécommandée à distance


Epoque N°1 - Austerlitz (André Bolkinsky)

Cette époque fixe un peu le caractère de l’ensemble des personnages, mais est principalement axée sur André Bolkinsky, soldat de l’Empereur Alexandre. Il filme surtout la bataille d’Austerlitz. Ce film est en réalité, tel que monté en URSS, en deux parties.



Réalisation d'effets pyrotechniques


Epoque N°2 - Natacha (Natacha Rostova)

Cette époque fixe surtout caractère la douce et tendre Natacha Rostov et ses premières histoires sentimentales avec André et un autre prétendant. Une scène de bal reste dans l’anthologie des prises de vues cinématographique.




Le grand bal de Natacha - Réalisation avec la caméra lourde de studio



Les gros plans de la scène du bal filmés sur patins à roulettes


Epoque N°3 - 1812 (1812: Dieu)

Cette époque évoque surtout le début de la bataille de Borodino, c’est probablement une des parties les plus grandioses. Tous les caractères commencent à s’imbriquer les uns dans les autres



Utilisation en studio de la caméra légère


Epoque N°4 - Pierre (Pierre Besoukhov)

Cette partie est axée sur la révélation et la transformation du personnage pataud, timide et penseur qu’est Pierre Besoukhov, joué par S. Bondartchouk. Une scène très spectaculaire est l’incendie de Moscou.



S. Bondartchouk en répétition


Les titres des époques sorties en France seront un peu différents, pour être plus commerciaux ! L’ensemble du film représente 403 minutes, soit 6H43. Selon les pays, des montages sont sortis plus courts. La Fiche IMDB est ici ici dans sa version US (360 et 401 minutes). Il y aurait, selon Leonard Maltin, un Director’s cut à 507 minutes.


Si les Américains dans leur version n’avaient retenu que romance et batailles, S Bondartchouk a voulu livrer les pensées philosophiques de l’auteur, sur la vie, la mort, l’amour, la guerre. C’est une version beaucoup plus « intellectualisée » que celle issue des studios US. Je vais faire mienne la pensée de Karen Georgievich Shakhnazarov, réalisateur et Directeur actuel de MosFilm « Il est certain que par rapport à la richesse du roman, il y a des pertes et quelques ratés. Il n’en reste pas moins que par son ampleur et sa qualité de réalisation, ce film est unique et le restera. Il est fort probable que plus jamais un tel film ne sera réalisé, faute de moyens non pas techniques mais financiers »




Première "publique" du film au cinema "La Russie"

A bientôt pour expliquer son exploitation à Paris, la mort de JP Mauclaire et la fin du Kinopanorama axé sur les films soviétiques.


Crédits Photographiques: Association Triple Ecran, sauf indication contraire DR - Reproduction interdite


PS: certaines photos viennent des actualités soviétiques. Elle sont disponibles dans le bonus du DVD Ruscico "Guerre et Paix".
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Louis Sidney



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MessagePosté le: Mer 09 Sep 2009 19:42    Sujet du message: Répondre en citant

A propos de la durée, j'ai lu dans une revue corporative que la version française avait été abrégés par rapport à la vo, dans un montage exécuté (ou approuvé) par Bondartchouk.
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LenKinap



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MessagePosté le: Mer 09 Sep 2009 21:00    Sujet du message: Répondre en citant

C'est exact. Le DVD a quelques séquences qui ne sont qu'en Russe. Approuvée, pas certain ... Bondartchouk a bénéficié du soutien ferme de Nikita Khrouchtchev grâce auquel il a eu un budget quasi-illimité.

Au renversement de ce dernier, en 1964 alors que le tournage battait son plein, les choses avec son successeur se sont très mal passées, principalement du fait de réalisateurs jaloux de ne pas avoir eu le film et qui se sont vengés. Les choses étant si engagées, il était hors de question de revenir en arrière et Bondartchouk a composé. Il a effectivement - entre deux attaques cardiaques - supervisé tous les montages et les versions étrangères "expurgées" pour être plus au format, adaptées au public d'un pays. Mais avec des censeurs au dessus de ses épaules ... La copie du Gaumont Palace est l'une de ces versions où il manque - je crois - 13-15 minutes . Alors approuvé probablement, mais pas de gaité de cœur. Le DVD et la copie VO du Kinopanorama sont - eux - complets...

Si la critique a été très favorable dans le monde entier (y compris pour la version US de 68 où les coupes sont certaines), quelques journalistes de l'URSS ont été assez méchants avec le film pour des raisons politiques et simplement politiques. Un tel roman ne passe pas à l'écran sans pertes, sans petites erreurs de casting; mais c'est franchement ce qui est le plus fidèle à ce jour au roman de Tolstoï

La quatrième partie est probablement la plus critiquable (et critiquée) du film car la finalisation a été réalisée dans l'urgence et il y a eu BEAUCOUP de pertes sur le roman, dont l'épilogue qui avait été filmé. Mais franchement Bondartchouk est sorti très diminué de cette aventure et a ensuite été obligé de composer avec divers ministres de la culture d'URSS avant de se tourner vers des partenaires étrangers.
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Louis Sidney



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MessagePosté le: Jeu 10 Sep 2009 20:43    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà, j'ai retrouvé l'article: LFF 16/12/66.
Bondartchouk est à Paris pour la première de GUERRE ET PAIX au "Gaumont-Palace" le 15/12 (on le voit discutant sur la scène avec Léon Zitrone). La façade du GP est intitulée en grosses lettres en bas: GUERRE ET PAIX, et en lettres plus petites au centre "Natacha et Austerlitz". En effet il est question d'une version condensée réalisée par SB lui-même, faisant 3 heures au lieu de 4h10. A Paris il a supervisé la VF, où Marina Vlady double Ludmilla Savelieva. Cette version condensée a d'abord été annoncée sous le titre GUERRE ET PAIX -1805.

Quant à Leonard Maltin, dans mon édition 1987 de "TV Movies" il donne une durée originale de 434 minutes (pour l'ensemble, bien sûr) et une durée TV de 373 min. Il donne une excellente note à l'oeuvre, tout comme ses confrères Martin & Porter de "Video Movie Guide". Tout trois, par contre, se plaignent de la mauvaise qualité du doublage en anglais.
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LenKinap



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MessagePosté le: Jeu 10 Sep 2009 22:16    Sujet du message: Répondre en citant

1805 est une version imposée, pas ce que voulait Bondartchouk. Il s'est heurté aux mêmes problèmes pour la version US. J'ai très longtemps entretenu une correspondance suivie avec le second chef opérateur du film (Anatoli Petritsky) et la veuve de Bondartchouk (Irina Skobtseva) qui m'ont beaucoup aidé pour étayer le projet de reconstruction 70 mm (MosFilm considérant que le 35 son numérique est suffisant). Je peux vous dire que seule la VO-ST français sur les parties 1 (épisode I et II), 2 et 3 étaient la "volonté vraie" du réalisateur. La 4 est un compromis en VO et est un massacre en VF. Beaucoup de version doublées ne furent que compromission, même si une a donné un Oscar !

Il n'y a pas eu que Marina Vlady, Delphine Seyrig a fait une discrète apparition dans le "doublage" d'Anna Pavlovna Sherer en version internationale (aussi bien en VO que dans toutes les versions doublées). Car la Russie du 19ième était un peu francophone par immigration et donc le grand Serge a respecté le roman en parlant français. "Adorable, n'est-elle pas simplement adorable". Michel Piccoli aussi, de mémoire. Reste le cas de JC Ballard (Rambal) qui n'a JAMAIS accepté de me parler de ce tournage pour lequel je n'ai pas loin de deux volumes de documentation précieuse et d'origine.
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